On connait la chanson

 

C’est le titre. On parle bien de ce que l’on connait bien, je vais donc avoir du mal à évoquer les jeunes années de Yannick et Alain, ces jeunes années qui courent dans la campagne courent dans les sentiers pleins d’oiseaux et de fleurs.

Je connais mal cette période et notamment l’année 1959 puisque je n’étais pas encore né…J’ai donc consulté les archives et notamment celles de la chanson française de cette année 59. Reconnaissons que la cuvée des chansons de 59 est du genre un peu mièvre comme on va le voir. J’aurais préféré les chansons de 1960 , mais on ne refait pas l’histoire….Je vais donc faire avec.

1959 coup de tonnerre : Fidel Castro prend le pouvoir à Cuba . Yannick et Alain admirateurs de Fidel et du Ché décident alors de célébrer l’événement en se mariant. C’est cela l’engagement politique !

En 1959 de Gaulle entame la deuxième année de son come-back, Michel Onfray pousse son premier areu, plus exactement son areu Krishna puisque la famille était hindouiste. Cette même année 59 Lenôtre ouvre son laboratoire de Plaisir.

Victor Hugo en visionnaire avait annoncé tout cela dans La légende des siècles je le cite:

De Gaulle avait deux ans, Onfray rejoignait Sartre
Déjà Gaston Lenôtre maniait la pelle à tarte.

Debré, l’amer Michel comme l’on disait alors, l’affidé de toujours avait accueilli le retour gagnant du dit De Gaulle en chantant sur RTL, je me souviens :

Général te voilà
Devant nous le sauveur de la France
Général te voilà
Tu nous as redonné l'espérance

Oui celui qui avait combattu le nazisme, depuis la Tour de Londres, ne s’est pas fait prier pour revenir. La tête pleine de souvenirs, la rancœur au ventre, d’emblée il nous a compris. Etrangement il n’en voulait pas trop aux allemands puisqu’il fit ami ami avec Adenauer. Tout au plus il estimait, en privé, que les nazis avaient commis quelques erreurs. Comme le rapporte le grand philosophe néo bergsonien Gaspar Proust il considérait que les nazis avaient commis une faute de goût en envahissant la Pologne de préférence à la Suisse affirmant au chancelier : mais quelle idée saugrenue  cet Hitler : habiter en face d’une banque et braquer un kebab !

Mais à part ça, madame la Marquise
Tout va très bien tout va très bien.

Oui, le tube de Paul Misraki datant de 1935 refait surface en 1959 avec Sacha Distel. Pour arriver à cette année fatidique il faut faire un léger retour en arrière. Car avant de se marier Annick et Alain se sont fréquentés. Normal, non ? Où donc a eu lieu la première rencontre ? Les historiens en discutent encore. Certains citent le grand philosophe Alain. Alors faisons chanter notre Alain :

La rencontrant chez des amis je lui dis mademoiselle
Que faites-vous donc dans la vie
Eh bien répondit elle :

Que répondit Yannick?

Moi je t’offrirai des perles de pluie venues d’un pays où il ne pleut pas

Alain fut évidemment ému et pour étaler ses talents linguistiques et éblouir sa promise il montra sa belle voix, ouvrit un large bec et répondit :

Come Prima piu di prima t’amero
Per la vita , la mia vita ti daro .

Un voyage aux Etats-Unis les sépara. Mais au retour il fut formel et lança à l’élue de son coeur:

You are my destiny
You share my reverie
You are my happiness
That’s what you are

Touchée, que dis-je, éblouie, Yannick ne voulut pas être en reste et répliqua :

Tu es mon vagabond mon marchand de bonheur
Tu n’as que des chansons à mettre dans mon cœur
Je puis te le dire et cela sans détour
Que j’ai pour toi Alain, un prodigieux amour

Avant de se rencontrer ils vécurent… des expériences diverses. Yannick flirtaillait sans jamais dépasser les limites de la bienséance.

Mais parlons un instant de la vie antérieure de Alain. Disons-le : ce n’était pas un moine et ce d’autant qu’il n’était pas porté sur la religion bien qu’il ait pratiqué l’art Saclay et fréquenta plus tard L’Abbé Eyssenne ( BSN) estimant notamment que Jésus était un fieffé mysogine. La preuve disait-il : reprenant les propos du grand philosophe néo-bergsonien précité : au pot de départ du Christ il n’y avait que des mecs…Si, si , c’est écrit dans les Evangiles et on le voit bien sur les tableaux qui illustre cette Scène (Céne).C’est cela l’égalité des sexes ?

Et puis l’Eglise c'est un carcan en matière sexuelle, en effet elle n’autorise que la position des missionnaires. C’est réducteur. Quand on ne peut pas faire le tour de la question c’est frustrant…Quant à la chasteté des curés Alain n’y a jamais cru, estimant qu’il s’agit là d’un vœu pieux. Donc Alain avant de connaitre Yannick a fréquenté. Mais, que des femmes mariées m’a-t-on confié. Et cela par ce qu’il aimait les femmes stables. Ceci m’a été rapporté par Médiapart qu’on ne peut taxer de parti pris…

Bon tout cela c’était avant et c’est prescrit.

Les choses avancèrent et Alain se fit plus pressent sous son uniforme:

(Marjolaine)

Ma p’tite Yannick , toi si jolie,
Ma p’tite Yannick le printemps sourit
Ma p’tite Yannick , je suis soldat
Mais aujourd’hui je ne rêve que de toi

Certains dans l’entourage de Yannick craignaient que ce beau jeune homme soit trop Poly…technique pour être honnête. Et les parents dans tout cela me direz-vous? Il fallait leur consentement. Yannick plaida la cause du beau militaire. Elle revint vers Alain et lui déclara avec un sourire éclatant :

(Salade de fruits)

Mon cher Alain, joli, joli, joli tu plais à mon père,
Tu plais à ma mère
Mon bel Alain , joli, joli, joli ils veulent bien que l’on se marie

Alain fit donc sa demande officielle en trouvant les mots justes en disant :

Ma petite est comme l’eau
Elle est comme l’eau vive
Elle court comme un ruisseau que les enfants poursuivent
Ouvrez ouvrez votre cage à double clé
Entre mes doigts Yannick s’épanouira.

Il obtint gain de cause. L’affaire fut pliée.

Rien ne s’opposant plus au mariage, Alain et Annick décidèrent que le moment était venu de concrétiser en devançant un peu l’appel. Autrement dit ils péchèrent si on s’en tient aux règles de la Sainte Eglise. Mes biens chers frères Il y eut un soir, il y eut un petit matin ils trouvèrent, et Dieu avec eux, que cela était bon. Voilà la genèse de l’histoire. Ils se souviennent encore. Alain me confiait encore tout à l’heure :

Oh oh oh oh quelle nuit !

Oui c’était la première. En homme de rigueur et en bon scientifique Alain nota les points positifs, ceux à améliorer avec à l’appui un calendrier précis des interventions futures, une sorte de plan permanent à long terme, avec les améliorations à apporter. Les progrès furent fulgurants, ils progressèrent de jour en jour et ils continuent leur progression encore aujourd’hui.

Mes chers amis chez les Verglas, comme le disait Alain Resnais : on connait la chanson !

Alain, après cette fameuse première nuit, dut faire un rapport à ses amis . Ils voulaient savoir : « alors raconte comment ça s’est passé »! le pressait-on…Je vous livre très fidèlement ce qu’il confia :

Pour une amourette
Qui passait par là
J'ai perdu la tête
Et puis me voilà
Pour une amourette
Qui se posait là
Pour une amourette
Qui m'tendait les bras
Pour une amourette
Qui me disait viens
J'ai cru qu'une fête
Dansait dans mes mains
Pour une amourette
Qui faisait du bonheur
J'ai fui la planète
Pour la suivre ailleurs
Alors je me suis dit
T'es au bout du chemin
Tu peux t'arrêter là
Te reposer enfin
Et lorsque l'amour
S'est noyé dans ses yeux
J'ai cru que je venais
D'inventer le ciel bleu…

Je ne suis pas certain que tout cela soit verbatim mais l’esprit y est.

Que reste-t-il de tout cela 60 ans après ?

C’est comme au premier jour, Yannick l’a évoqué avec émotion :

Tu me fais tourner la tête
Mon manège à moi c’est toi
Je suis toujours à la fête
Quand tu me tiens dans tes bras
Je ferais le tour du monde
Ca ne tournerait pas plus qu’ça
La terre n’est pas assez ronde
Pour m’étourdir autant que toi

Et pourtant elle n’avait pas bu ! même si 1959 est une année exceptionnelle pour le Bordeaux, je vous le rappelle. Chez les Verglas on est musicien, et si on aime Chopin on ne crache pas sur la chopine..

Et oui il y a de cela 60 ans…On a le temps de prendre un coup de vieux. La nostalgie…nous menace tous. Hier était mieux qu’aujourd’hui, c’est toujours ainsi. Le grand philosophe néo-bergsonien nous l’a rappelé : Oui avant c’était mieux , et il l’a prouvé : Sous Jules César les femmes de ménage parlaient latin. Aujourd’hui quelle bonne portugaise parle grec ?

La musique les a aussi conduits à découvrir un département cher à beaucoup d’entre nous, très cher si on en croit le Canard enchaîné, je veux parler de la Sarthe.

J’aimerais vous confier pourquoi nos amis soixantenaires aiment, comme beaucoup ce département et Sablé en particulier. Ceux qui ne connaissent pas la Sarthe je rappelle c’est le département où se trouve l’auberge tant appréciée des Trouvé à Chahaignes, c’est aussi les Poulets de Loué ceux qui courent en plein air et c’est là que sévit François Fillon ce Saint François d’Assise de la politique :
( voyez les oiseaux du ciel ils ne sèment ni ne moissonnent et Dieu pourvoit à leur nourriture…)

Ce Saint homme victime des poulets s’est mis en examen de conscience, Dieu soit Loué a-t-il dit, mais pas trop cher quand même, et a renoncé à Satan, à ses pompes et à ses costards. Aux dernières nouvelles son château serait à louer puisqu’il devra rejoindre la maison poulailler pour se refaire une santé. On est à Sablé et on finit sur le sable. La justice suit, comme la Sarthe, son cours…Mais il faudra pas mal d’écluses à Saint François pour remonter le courant.

Mais je digresse, je digresse. Revenons à nos poulets : Sablé a son festival de musique baroque. Un rendez-vous incontournable pour nos amis Verglas qui au cours des années ont pu redécouvrir des auteurs talentueux de la musique baroque :

Je n’en citerai que quelques uns : Charpentier, de père en fils, descendant direct de Jésus et de Marie-Madeleine , Rameau l’homme de paix, Purcel d’Orléans, Quantz inventeur aussi du piano mécanique, Albinoni, Scarlatti le pauvre qui était couvert de rougeurs maladives, Zipoli, inventeur aussi du briquet tempête, le fameux Zipo, Cavalli Monteverdi, Buitoni …je ne sais pas qui me l’a mis dans la liste, c’est une erreur …
Bref du beau monde.

Chez les Verglas on connait la musique autant que les voyages. Cela fait 60 ans qu’ils globbe-trottisent tout en fréquentant le 7e ciel. La conclusion c’est Alain et Yannick qui la donnent car ils ne sont pas trop chansonnette. Laissons leur la parole pour conclure :

On aime la musique
Mais la vraie musique
Pas la chansonnette, bonnes pour les midinettes
On préfère Verdi ou Pavarotti
Van Dam ou Diskau , des grands barytons
Ça c’est pas bidon
Sacré nom de nom !

Mais je tiens à avoir le dernier mot et les dernières notes :

Joyeux anniversaire Alain
Joyeux anniversaire Yannick

Tous ensemble :

Joyeux anniversaire Joyeux anniversaire !